AMOR FATI et Stoïcisme

L’idée que le bonheur est l’absence de souffrance est aujourd’hui plus que répandue dans nos sociétés. Les publicités, les marques ont vendu le bonheur comme un état où tout est parfait, sans problème et sans souffrance, une délivrance ultime. AMOR FATI nous enseigne l’inverse.

Cette devise latine née pendant l’antiquité et pratiquée par les stoïciens notamment, fut oubliée, elle finit par renaître chez Nietzsche ( qui n’est pas un stoïcien mais certaines idées son familières). 

« Ma formule pour la grandeur de l’homme est Amor Fati » – Nietzsche 

La souffrance est là, toujours présente grande ou petite, peu importe, elle pointera toujours le bout de son nez quelque soit la situation. Les problèmes, la souffrance, la mort, le malheur et le chaos font partie de la vie, de notre réalité, c’est vivre avec des œillères que de le nier. L’Amor Fati c’est l’acceptation de cette réalité, de la souffrance de la vie, ou plutôt un amour des événements qui peuvent se produire, du destin. Ce n’est pas une posture de victime, c’est au contraire assumer les choix que nous faisons et leurs conséquences sur notre vie ainsi que les conséquences d’événements dont nous ne sommes pas responsables ( ex : ma maison est détruite après un incendie). C’est un amour inconditionnel du destin, il faut embrasser son propre destin. Aimer la vie telle qu’elle est, et ne pas se contenter de son côté paisible, ne rien lui retirer ! C’est l’amour de notre sort et du réel comme ils sont. 

« N’attends pas que les événements arrivent comme tu le souhaites ; décides de vouloir ce qui arrive et tu seras heureux” – Épictète. Aimes et souhaites ce qui se produit et tu seras heureux. 

On ne peut supprimer la souffrance, l’idée est alors d’en devenir maître. Le bonheur n’est donc pas l’absence de souffrance, mais une composition avec celle-ci, une symbiose. La souffrance est propre à l’homme il doit vivre avec.  La souffrance peut être saine, le sport en est une, d’autres enseignent. Dans tous les cas, elle est bénéfique et permet d’exprimer notre puissance, de nous développer, l’obstacle est un chemin comme écrivait Marc Aurèle et cette idée s’incarne par cette phrase que tout le monde connait  » Tout ce qui qui ne nous tue pas nous rend plus fort » de Nietzsche. Chaque événement même les plus horribles sont une occasion de nous dépasser, nous développer et de se sentir plus fort, plus vivant. Pour Nietzsche elle est nécessaire, et permet un accomplissement qui mène à la figure du surhomme. 

L’erreur serait de mal interpréter l’Amor Fati et le voir comme une résignation passive face à ce qui arrive, le voir comme un fatalisme. Ce n’est pas accepter la souffrance et se morfondre face au destin. Ce n’est pas se contenter de supporter la souffrance ou la dissimuler mais l’aimer. Aimer son sort ainsi que le présent, ne pas être à remuer le passé ou espérer le futur, mais vivre le présent dans sa totalité. Accepter ce qui est pour construire ce qui sera. 

Parfois, il nous arrive des problèmes, tous les jours même, et nous espérons qu’il ne se soient pas produits, Mais si c’était le cas, la vie n’aurait plus le même sens. Au lieu d’espérer que tel événement ne se soit pas produit, nous pouvons travailler sur nos perceptions de l’événement et l’accepter. Il vaut mieux accepter l’idée que ma maison ait brûlé plutôt que de passer des mois à ressasser l’événement dans ma tête. Les désagréments que j’ai pu vivre je l’ai ai aujourd’hui acceptés parce qu’ils ont participé à faire la personne que je suis aujourd’hui. Et pourquoi ne pas aimer ce qui arrive ? Nous acceptons plus facilement ce que nous aimons. De plus, tous ces problèmes, si nous travaillons nos perceptions peuvent être vus comme des opportunités. Ma maison brûle et vue l’ampleur du feu, rien ne peut être sauvé, pourquoi ne pas profiter de cette fête de la saint jean avant l’heure ? Ce serait d’ailleurs occasion de changer d’environnement, changer d’air, trouver un nouveau foyer, dans une nouvelle rue avec de nouveaux voisins. 

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