Stoïcisme et Minimalisme

Le minimalisme est un mode de vie qui est de plus en plus populaire dans de nombreux pays. Il refuse le surplus matériel et la surconsommation avec pour but une vie plus simple, saine et heureuse. J’ai donc trouvé intéressant d’essayer de faire le rapprochement entre minimalisme et stoïcisme.

Le minimalisme

Il n’y a qu’à regarder nos vêtements, nous n’en portons généralement qu’un petit nombre, loi de Pareto  oblige : on porte 20% de nos vêtements 80% du temps et le reste prend la poussière au placard. Pourquoi tout cet encombrement ? 

Ce mode de vie consiste à supprimer les choses matérielles dont nous n’avons pas besoin comme tous ces bibelots qui traînent chez nous, les centaines de DvDs, les dizaines de vêtements que nous ne portons pas, les décorations abusives voire  même les cadres photo de nos proches. Bref faire un vide en se débarrassant de ce qui n’est pas nécessaire à notre bonheur : vivre avec moins pour vivre mieux.

 Certains vont même jusqu’à réduire drastiquement leur surface de vie en choisissant des tiny houses, des habitations très petites, suffisantes pour ce qui est vraiment nécessaire et où l’espace est ultra optimisé.  Ce qui est certain, c’est que le ménage est plus simple pour les minimalistes, il suffit de voir l’intérieur d’un logement minimaliste.

Là c’est sûr le ménage parait plus simple.

Cela les force à ne garder que le nécessaire, c’est l’idée principale du minimalisme, qui invite à se demander si toutes ces choses  matérielles que nous accumulons sont vraiment nécessaires ? Se demander pourquoi est ce que j’achète cela et si cela est réellement nécessaire à mon bonheur? 

« Jusqu’à ce que nous ayons commencé à nous en passer, nous ne réalisons pas à quel point beaucoup de choses ne sont pas nécessaires.  Nous  les avons utilisées, non pas parce que nous en avions besoin, mais parce que nous les possédions. » – Epictète

Les minimalistes prônent le détachement des choses matérielles, en allant même jusqu’à digitaliser leurs photos puis les brûler. Ils considèrent que les expérience vécues et les souvenirs qu’on en a sont bien plus importants qu’une bricole censée nous rappeler ce moment alors qu’il est gravé dans notre esprit. Quelle horreur, ces gens qui filment leur concert pour « garder un souvenir » et s’empêchent ainsi de réellement créer des souvenirs et ne vivant pas dans l’instant présent ! ( Mon petit paradoxe du concert à lire ici ). Le minimalisme s’oppose donc à la surconsommation et prône une meilleure vie. Ce mode de vie répond à des problématiques actuelles comme le coût élevé de la vie, de l’accès au logement et s’oppose à l’idée de consommer pour se sentir heureux.  

Minimalisme et Stoïcisme

Le stoïcisme comme le minimalisme n’empêche pas la richesse, Être riche n’est pas un problème ( je dirai même que le stoïcien est plus amène à atteindre la richesse bien qu’elle ne soit pas nécessaire à son bonheur, On trouve la doctrine stoïcienne chez bon nombre d’entrepreneurs, (idée que je développerai dans un prochain article) ; pour un stoïcien, une richesse acquise de manière non éthique ne sera pas envisageable. Cependant les deux mettent en avant la modération :  on choisit de ne pas être dans l’apparat et l’étalage de la richesse mais plutôt de se contenter de ce qui est essentiel à notre survie, une voiture de luxe ne sera alors pas nécessaire. Certains stoïciens étaient très riches comme Sénèque ou Marc Aurèle et aucun d’eux n’en faisait l’étalage car quel en serait le but ? Si ce n’est démontrer une faiblesse intérieure, un manque de confiance en soi qui doit être compensé par la médiocre reconnaissance sociale ! 

Le stoïcisme considère l’argent comme une chose hors de notre contrôle. Qui serait assez fou pour dire qu’il est à l’abri de tout. De nombreuses crises économiques se sont produites à toutes époques et peuvent balayer notre richesse très rapidement. D’ailleurs, c’est le cas en ce moment, avec le COVID-19 qui oblige les pays à se mettre à l’arrêt.

C’est pourquoi les stoïciens  ne s’accrochent pas à leur pécule. Ils refusent la médiocrité de l’étalage et préfèrent la modération tout comme les minimalistes. En attachant notre bonheur au solde de notre compte en banque, on est condamné à une vie d’esclave. 

«— Ne dis jamais de quoi que ce soit : « Je l’ai perdu », mais : « Je l’ai rendu. »  « On m’a enlevé mon bien. » — Eh bien ! il est rendu.

—  Mais c’est un scélérat que celui qui me l’a enlevé.

— Eh ! que t’importe par qui celui qui te l’a donné l’a réclamé ? Tant qu’il te le laisse, occupe-t’en comme de quelque chose qui est à autrui, ainsi que les passants usent d’une hôtellerie. » Épictète – Manuel

Marc Aurèle n’avait pas hésité à se séparer de la totalité de sa fortune pour ne pas augmenter les impôt de Rome lorsqu’il a eu besoin de former une armée et ainsi endiguer une invasion barbare qui aurait fait des ravages. De plus, beaucoup de stoïciens pratiquaient la pauvreté, c’est à dire qu’il se dépossèdent de tout pendant quelques jours, habillés comme des mendiants, sortant dans les rues et survivant de cette façon pour s’habituer à la pauvreté pour ne pas la subir et ne pas en souffrir si elle devait les frapper mais également pour garder les pieds sur terre. « L’essence de la philosophie est qu’un homme devrait vivre de manière à ce que son bonheur dépende aussi peu que possible de causes extérieures » écrit Épictète. Attacher son bonheur à sa seule richesse, c’est se mettre en danger car c’est le faire reposer sur une chose qu’on ne contrôle pas totalement. 

Le minimalisme rejette ce qui est futile et ne permet pas de bien vivre. Il se concentre sur le plan matériel : élimination des bibelots qui traînent, ce qu’on utilise plus, pour tendre vers une simplicité matérielle et immatérielle. Alors que le stoïcisme rejette l’inutile sur le plan immatériel : détachement du jugement extérieur de la foule par exemple mais pas l’inutile matériel, l’encombrement d’un maison par des bibelots ne dérange pas mais s’il venait à disparaître cela n’affecterait pas mon bonheur puisque que ce ne sont que des futilités. Les deux recherchent une simplicité de l’esprit (seulement, disons que les minimaliste sont plus efficaces pour faire le ménage). En réalité, je pense qu’il est plus simple d’adopter la pratique minimaliste qui consiste à se débarrasser du superflu matériel, Cela ne peut que nous aider dans notre pratique stoïcienne de détachement matériel et immatériel bien que la possession matérielle ne soit pas à l’encontre du stoïcisme. 

Enfin minimalisme comme stoïcisme aident à prendre conscience de la valeur de notre temps. Si j’arrête de me soucier des regards extérieurs, ou d’acheter sans cesse, c’est parce que je comprends que cela ne m’est pas bénéfique et que mon temps aura une meilleure place dans des choses plus profondes.  Stoïcisme et minimalisme prônent un retour à l’essentiel, à la simplicité, est ce que j’ai besoin de 40 t-shirts pour me sentir bien ? Non bien sûr ! L’exemple le plus connu est MarK Zuckerberg, toujours avec le même t-shirt de la même couleur, un t-shirt simple sans logo. Parce qu’il a conscience de l’essentiel, chaque jour il a un temps limité et il veut l’utiliser de la meilleure façon possible, passer 10 min à choisir une tenue n’est alors pas nécessaire. D’autant plus que chaque jour, nous sommes amenés à faire des choix, plus ou moins importants et l’on comprend que pour Mark, il y a des choix plus importants que de choisir un t-shirt, il préfère donc consacrer son attention à ceux-ci. Et c’est là une des finalité du minimalisme, comment vais-je utiliser mon attention ? Est ce que je vais la dissiper dans des choix de vêtements que je porterai presque pas, dans l’achat de bibelot, dans la consommation, ou dans des expériences réellement profitables, me créer des souvenirs réels et profonds. 

Je vous invite à suivre ma newsletter pour être au courant des prochains articles ainsi qu’à partager celui-ci pour faire connaître le site. J’envoie chaque dimanche un mail sur la pratique du stoïcisme.

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