Seras tu droit ou redressé ?

Une maxime que je me répète souvent, peut être pas assez d’ailleurs, une des plus forte de Marc Aurèle :  » Seras-tu droit ou redressé ? » ; Auras-tu la force de corps et d’esprit de surmonter tes vices et tes faiblesses pour devenir maître de toi même ? La force de te mesurer à toi même pour te surpasser, surpasser ton attrait pour la médiocrité ? Maître à bord parcourant l’océan agité de tes pensées, frustrations et déboires ? Ou bien te laisseras tu ballotter par les aléas, par la vie, puis cassé, brisé, jusqu’au jour où complètement nu et informe, la même qui t’avait détruite commence à te remodeler, à te rendre droit ou peut être te laisseras t-elle seulement sur le bas côté. C’est à dire prendra tu les devants, ou laisseras tu les devants te prendre ? Auras-tu le courage, la force d’âme d’être maître ? car ce n’est pas  chose facile que d’être en maîtrise de soi, que d’être une force active  face à la vie. 

Cette grande question nous invite à embrasser le Fati, le « destin », pas au sens où tout serait écrit d’avance, mais où il a un cours des choses que l’on ne contrôle pas, qui nous échappe, des processus qui articulent le monde : les guerres, les tempêtes, le temps, l’économie, etc tant de chose qui à notre échelle d’individu  ne peuvent être contrôlées. Et être droit commence en comprenant cela, comprendre qu’il y a une part des événements qui est de notre ressort et une autre qui ne l’est pas. Etre droit c’est accepter la part non maîtrisable, l’embrasser, c’est l’AMOR FATI ; et ne pas flancher devant celle-ci, y trouver les excuses à notre misère intérieure, ne pas se laisser porter à l’hystérie, l’anxiété, au désespoir, en reportant notre énergie sur ce que l’on maîtrise pour en tirer le maximum.

Ne pas considérer notre sort comme la conséquence d’événements extérieurs mais comme la matérialisation de notre volonté. Ne plus voir ce qu’on ne maîtrise pas comme l’univers qui voudrait s’en prendre à nous, et se laisser porter au désespoir, mais comme un univers qui ne nous considère pas mais qui pourtant nous offre énormément, chaque évènement est une opportunité pour notre vie, ayons une approche active quant à la vie. Saisiras tu le Kaïros par les cheveux ou le laisseras tu te rire au nez ? 

Celui qui ne comprend pas la notion d’AMOR FATI verra sa journée avortée après avoir passé 20 minutes à jurer sur l’effronté qui se rabat trop près de lui sur l’autoroute, pour un retard de train, parce qu’il n’est pas content du ressort des élections d’un autre pays, parce que tout le monde ne pense pas comme lui, tant de choses qui empêchent la tranquillité de l’âme. Cette personne toujours victimes des événements finira par être redressée par la vie, plus elle attend et plus violent ce sera. 

Dans la Grèce antique l’idée était que  l’humanité est une grande pièce de théâtre pour les Dieux spectateurs et metteurs en scène, écrivant son tragique, son dénouement.. Les hommes se devaient alors de jouer leur rôles du  mieux que possible. Puis finalement non, la vie des hommes ne peut pas être entièrement déterminée puisque dans ce cas les Dieux serraient pris d’un ennuie mortel connaissant tout par avance, là né l’idée du libre arbitre pour l’homme, il est libre de diriger sa vie, mais jamais le reste, jamais l’univers, le décor et il faut vivre avec.

Malgré la chute de Rome, les siècles qui passent, la statue de Marc Aurèle est elle toujours aussi droite au milieu des ruines de la vieille Rome.  

Alors seras-tu droit ou redressé ?

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