Solitude, un état pas si négatif

La solitude est souvent rattachée à la mort, l’idée que seul, à l’écart de la meute, c’est la mort assurée. Bien qu’il soit prouvé qu’une trop longue absence de contacts humains provoquent une réduction de nos neurones et des pulsions de mort, la solitude a aussi des vertus. 

Si on aime avoir des discussions, c’est un peu pour se flatter l’intellect, se caresser la cervelle ensemble, c’est une position très confortable. On reste sur nos acquis avec le groupe. Une bonne conversation peut nous enrichir mais il faut apprendre à être seul. Il faut s’écarter du groupe pour se confronter à notre chaos intérieur, voir ce qu’il y a en nous, la misère, la beauté, les faire resurgir. C’est en s’infligeant une telle pratique que l’on pense réellement, que l’on peut sortir des idées neuves, choquantes, disruptives. C’est en étant seul dans sa barque, après avoir cherché de l’or dans le Klondike, descendant 1900 miles pour rentrer chez lui, que Jack London se découvrit lui même : « Là on ne parle pas, on pense. Chacun se voit tel qu’il est. Je me vis. » 

Mais qui supporte la solitude ? Elle est repoussante, pourquoi m’infliger cela ? Je préfère une bonne soirée ; la solitude, c’est l’ennui. Mais qui peut encore se vanter de s’ennuyer aujourd’hui ? Or l’ennui c’est justement ce qui pousse à cette introspection. L’ennui est une bonne chose, on recommande aux parents de laisser leurs enfants s’ennuyer, ce n’est pas pour rien, c’est là que naît le rêve, la créativité. Quand on passe 6 heures dans une salle de classe pour un examen, l’esprit s’ouvre à de multiples idées, des germes de pensées. C’est surement ce qui est le plus dur dans ces longs examen : rester concentré sur le seul sujet alors que naît en nous tout un univers. Pourquoi y a t-il moins de génies, de chef d’œuvres, parce qu’on se noie dans le divertissement. Le divertissement obstrue l’esprit. « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre. » écrivait Pascal. En bref, s’ennuyer seul. Les parents craquent et donnent une tablette à des gamins de 3 ans : les futurs prolos de l’esprit. La solitude à été discréditée au profit du divertissement. Paradoxalement, les gens n’aiment plus la solitude et l’ennui mais créent des gens ennuyants et sans profondeur.

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La solitude permet de se connaître vraiment, est effrayante, parce qu’elle vous recrache au visage toute la noirceur qui vous habite. C’est déstabilisant : certains deviennent fous s’ils s’oublient en elle. Etre seul, c’est dur. Même seul, on cherche à créer des relations, avec soi même, on parle aux vaches, à son chien, au soleil…, ce qui montre notre besoin intrinsèque de l’autre : l’homme n’est homme qu’au contact de l’homme. La solitude à la longue est pesante, pousse au suicide mais il faut la caresser de temps à autre ; elle est comme la mort, il faut la penser pour ne plus en souffrir. Il faut plonger en elle pour la comprendre. La solitude permet l’introspection et l‘humanité souffre d’une immense carence introspective.

Si vous n’êtes pas capable d’être à l’aise lorsque vous êtes un temps éloigné de la meute, alors c’est que vous avez plus besoin de solitude. C’est qu’au fond, vous vous êtes entièrement construits sur le groupe, avez bâti votre personne dessus, et dès que vous êtes seul, c’est  le vide.

« L’un va auprès de son prochain, parce qu’il se cherche lui même, et un autre parce qu’il aimerait se perdre. Votre mauvais amour de vous même fait pour vous de la solitude une prison. » – Nietzsche  

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